toxic

Dans le cadre du cours que je réalise sur l’art d’intégrer une société et de transformer son stage en pré embauche, nous abordons ce sujet des collaborateurs toxiques qui peuvent mettre en péril une carrière ou une vie d’équipe.

Ces collaborateurs toxiques, qui sont-ils ?

Vous en connaissez forcément : ces personnes chez qui rien ne va et qui ne sont jamais contentes. Elles ont toujours une bonne raison de se plaindre : leurs missions les exaspèrent, leur management n’est pas au niveau, il ne leur propose jamais la bonne formation, la bonne mission, les bonnes responsabilités, les bons outils. Elles rencontrent toujours tous les problèmes du monde. Tout les empèche d'avancer, elles n'ont jamais de chance, etc.

Ce malaise, ils le font souvent savoir à tout le monde et le partagent à la machine à café, c’est le lieu où ces personnes sont d’ailleurs les plus dangereuses, car elles sont éminemment séduisantes à écouter. Après tout, ne sommes-nous pas français ? Ne portons nous pas dans notre ADN un esprit critique surdéveloppé ? Et puis il est toujours agréable de se plaindre, non ?

Vous les identifierez aussi lors des réunions d’équipe. Ils adopteront souvent une attitude négative dans leur posture (exprimant un désintérêt, ces gens au visage fermé, soufflant à tout va, etc.) et dans leur propos (critique négative ou de non motivation).

Sauf qu’à toujours se plaindre, ces comportements peuvent gangréner la motivation de votre équipe et tirer tout le monde vers le bas.

Comment traiter un collaborateur toxique ?

Il faut bien évidemment éviter la confrontation. Ces personnes adorant la position de victime, il ne faut pas la leur offrir sur un plateau doré. Aussi surprenant que cela puisse paraitre de prime abord, il faut traiter le mal par la prise de responsabilité.

Quand vous identifiez un collaborateur toxique dans votre équipe, convoquez-le dans votre bureau pour le faire parler sur les sujets qui lui posent soucis. En mode : "J'ai le sentiment que ça ne va pas en ce moment, est ce que je me trompe? Qu'est ce qui te préoccuper? Que pourrions nous faire pour que ça change?"

Il faut adopter une posture d’écoute, sans jugement. Une fois son laïus terminé, acquiescez : « tu as raison, tu as identifié un problème. Nous ne sommes pas bon sur le sujet »

A partir de là, responsabilisez votre interlocuteur : « je suis sensible à ta vision des choses, je te propose de traiter le sujet. Je vais te confier les moyens nécessaires pour le faire – du temps, du budget, des équipes – dans XX semaines / mois, et on voit ensemble comment avance la solution que tu proposes ».

La réaction

La première réaction de votre collaborateur sera intéressante à analyser. Les bons collaborateurs vont prendre l'initiative positivement et aller de l'avant. Les mauvais collaborateurs auront probablement un petit air de biche prise dans les phares, car si critiquer est plaisant, travailler à régler un problème l'est beaucoup moins.

Résultats

Suivez de près le travail de votre collaborateur. Plusieurs scénarios sont possibles :

Scénario 1 : votre collaborateur toxique règle le problème. C’est le scénario le plus valorisant pour un manager, car on sort d’un problème par le haut en faisant coup double :

  • On a remis un collaborateur toxique dans le droit chemin – il faudra valoriser son travail et il est probable que votre décision aura été écologique pour lui : il n'est plus toxique,
  • On a réglé un problème de son équipe et travaillé sur l’organisation pour l’améliorer, c’est toujours ça de pris.

Scénario 2 : votre collaborateur toxique se casse lui aussi les dents sur le problème. Il comprendra alors que la critique est facile, mais que l’art est difficile. Le fait d’échouer aura généralement 2 impacts sur son ego :

  • Soit il apprendra l’humilité et modérera désormais son propos en interne. Vous aurez ainsi réussi à limiter sa pollution.
  • Soit il n’acceptera pas cet échec et fera tout pour partir de l’équipe ou de l’entreprise. Le nuage toxique ira polluer d'autres cieux.

Si j’ai beaucoup de collaborateurs toxiques dans mon équipe ?

Gérer ce type de situation doit rester exceptionnel. La rencontrer régulièrement doit également vous conduire à prendre du recul sur vous-même et remettre en question votre style de management. N’avez-vous pas votre part de responsabilité ? Ne devez-vous pas revoir vos méthodes de recrutement ? D’intégration ? D’évaluation ? De staffing ? D'expression de la reconnaissance? Toutes ces questions pour favoriser un cadre plus harmonieux pour vos équipes. N’oubliez pas, on ne peut être exigeant avec les autres si on n’est pas tout d’abord exigeant avec soi-même ;-)